Être à la fois spécialisé dans la conception de puces électroniques de type Asic1, chargées d'effectuer des tâches très spécifiques, tout en permettant à d'autres PME/PMI d'accéder à cette technologie innovante, voilà toute l'originalité de l'entreprise C4I – pour Centre de compétence en conception de circuits intégrés. Basée à Archamps (Haute-Savoie), à la frontière suisse, et créée à l'initiative d'une équipe CNRS-IN2P32, C4I est un groupement d'intérêt public (GIP) détenu à 40 % par des entreprises françaises et suisses3 et à 60 % par l'IN2P3, GIP mis en place afin de valoriser le savoir-faire de recherche de l'institut. « Dans le domaine des capteurs et des détecteurs, les laboratoires de recherche publics ont de l'avance sur l'industrie. C'est pourquoi nous essayons de faire profiter les PME/PMI de leurs applications », explique Denis Linglin, chercheur au CNRS et directeur de C4I. « Les entreprises y gagnent car elles augmentent la valeur ajoutée de leurs produits et diminuent leurs coûts de fabrication tout en assurant la confidentialité de leur savoir-faire. » Et parmi les produits phares qui fonctionnent aujourd'hui grâce à un Asic développé par C4I, citons des lève-vitres d'automobiles de la société Valeo, des pèse-personnes de Téfal et des oscilloscopes de Chauvin-Arnoux.

    Mais C4I ne fait pas que concevoir des puces. Il a un rôle de type « service public », en accompagnant des sociétés qui n'ont jamais eu affaire à la microélectronique. C4I les aide d'abord à bien cerner leurs besoins et à établir un cahier des charges. Les entreprises s'assurent ainsi que les éléments électroniques leur apporteront un avantage concurrentiel. Vient ensuite l'étape de la conception d'une puce Asic. Pour cela, C4I s'appuie sur ses ingénieurs et sur un réseau de laboratoires de l'IN2P3, du CEA et du Cern qui trouvent ainsi l'occasion de donner une seconde vie à des dispositifs mis au point pour leurs expériences. C4I peut ensuite assister les entreprises dans toutes les phases du développement qui suivent : les tests sur les prototypes ou les productions et la préindustrialisation.

    C4I, entreprise citoyenne dont l'objectif principal n'est pas de faire des profits, aide aussi les sociétés à trouver des fonds publics pour mener ces développements. Et si les PME/ PMI ne peuvent pas investir dans les technologies innovantes, elle en prend alors à sa charge une part plus ou moins importante. « Car, conclut Denis Linglin, l'enjeu est bel et bien ici d'augmenter la compétitivité des PME françaises sans passer par des brevets étrangers ! »

 

 

Sebastián Escalón

1. Asic : Application Specific Integrated Circuit.
2. Institut national de physique nucléaire et de physique des particules du CNRS.
3. Alpes-Deis, CTDEC, Lem, Seb-Calor-Téfal, Sensorex, SNR, Somfy, Valeo.

CONTACT
Denis Linglin
C4I, Archamps
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SOURCE : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/2852.htm